Logo Assurancevie-frais0.com

assurancevie-frais0.com

Quelles sont les éléments qui génèrent actuellement un telle volatité sur les marchés? Et comment réagir face à ces mouvements brutaux ?

Le pétrole:

C’est un élément essentiel de la volatilité actuelle des marchés. Il faut savoir que l’Arabie Saoudite a programmé son budget sur la base d’un baril à 26$. Aujourd’hui la production est au maximum et de très nombreux gisements viennent d’être mis en exploitation un peu partout (pas seulement au proche orient). La demande globale, contrairement à ce que l’on entend généralement, n’a pas baissé. Il y a bien aujourd’hui une surcapacité. En pourcentage de la production globale, cette suroffre n’est pas très importante mais elle est suffisante pour entrainer une baisse vertigineuse des prix. Cette baisse est volontairement provoquée et entretenue par l’Arabie Saoudite qui vend à très bas prix pour essayer de rendre les nouveaux gisements dont l’exploitation coûte plus chère (américains en particulier, mais pas seulement), non rentables.
Il y a de la part de l’Arabie Saoudite une volonté de ruiner l’industrie pétrolière et en particulier le gaz de schiste Américain et Canadien. Mais les Américains ont réussi à abaisser considérablement leur coût d’exploitation…. Et de nombreux gisements ont été repris par des compagnies plus solides.
Pour l’instant il n’y a pas de baisse de production du gaz de Schiste aux Etats-Unis.

Cette situation a plusieurs conséquences :
1°- Les fonds d’investissements qui gèrent les réserves des pays pétroliers inondent les marchés en vendant une partie de leur patrimoine car les pays pétroliers ont besoin d’équilibrer leurs comptes.
2°- Les fonds Américains sont spécialistes des effets moutonniers. Ils vendent sans réelle analyse de la situation.
3°- Les compagnies pétrolières américaines se financent très largement sur le marché obligataire (High Yield). La fragilisation des compagnies pétrolières américaines a entrainé une hausse très importante des taux obligataires qui s’est répercuté sur l’ensemble des taux obligataires des entreprises américaines même non pétrolières. On trouve des obligations pétrolières à plus de 7% et des obligations d’entreprises du secteur non pétrolier à plus de 5%.
Le Spread (différence entre le taux des obligations d’entreprises et le taux sans risque des obligations d’Etat) est extrêmement important et ne correspond pas au risque du taux de défaut. Il y a de belles opportunités sur ce marché.

La politique monétaire des banques centrales :

La FED a prévu d’augmenter régulièrement ses taux pour éponger le marché des surplus de liquidités et pour revenir à une situation plus normale. Pour l’instant les analystes pensent que la politique de hausse des taux de la Fed est mise sous le boisseau. Le marché considère cependant, à tort ou à raison, que l’arrêt de la hausse des taux serait un très mauvais signal sur la santé de l’économie américaine.
Il n’y a pour l’instant pas véritablement de baisse de la masse monétaire en circulation. Si la FED est un peu plus restrictive, cela est compensé par la BCE et le Banque Centrale Japonaise.
En tout cas, le sentiment dominant est que cette politique laxiste de création de monnaie des années passées et encore en vigueur aujourd’hui, n’a pas eu de véritables conséquences bénéfiques à moyen terme sur la croissance dans le monde.

Les banques :

La volatilité a beaucoup augmenté parce que le système bancaire n’a juridiquement plus la possibilité d’intervenir sur les marchés actions et obligataires.
Les normes bilancielles qui leur sont imposées rendent leurs interventions très marginales. Jusqu’en 2007 les banques détenaient 5% du marché. Elles jouaient largement le rôle de contrepartiste. Le phénomène est le même pour les Brookers qui assuraient souvent un rôle de contrepartie, ce qui limitait la fluctuation des marchés. Tout cela est fini : c’est l’une des explications de la volatilité.
La réglementation bancaire, même si elle a une conséquence fâcheuse sur la volatilité, a eu une conséquence : une amélioration importante de la structure du bilan des banques qui limite considérablement le risque systématique qu’elles pouvaient représenter.

La guerre des monnaies :

Assistons-nous à une guerre des changes ?
On nous présente la baisse de la monnaie chinoise comme du dumping. Simplement le Yuan qui était largement arrimé au dollar a choisi de s’arrimer à un panier de devises.
Comme presque toutes les devises baissent par rapport au dollar, le Yuan suit cette tendance. La Chine ne se livre donc pour l’instant pas à une guerre des monnaies. Bien au contraire, elle cherche à imposer sa monnaie comme une monnaie d’échange et de réserve dans le monde, et elle y parvient progressivement.
Il est vrai que la baisse du Yuan par rapport au dollar redonne un souffle de compétitivité à l’industrie chinoise. On nous parle de surcapacité en Chine…. peut-être ? Mais n’oublions pas que si la croissance du PIB chinois est voisine de 6,9%, la croissance de la production industrielle est encore de l’ordre de 4,5%. On est très loin de la récession. Un peu de bon sens ne ferait pas de mal aux analystes et journalistes qui sont à l’origine de paniques irrationnelles.
Il est certain que la hausse du dollar (donc la baisse de l’euro) a été un facteur extrêmement important. Certains pays d’Europe ont retrouvé leur compétitivité et ont pu rétablir un taux de marge… c’est le cas de l’Allemagne. Par contre cela pose problème dans le futur sur les marges des sociétés américaines.
Pour l’instant l’effet devise n’a encore qu’assez peu joué en France car il y avait dans la grande majorité des sociétés exportatrices une politique de couverture de change qui a retardé l’effet de la baisse de l’euro sur les marges. Ceci dit, les marges des entreprises françaises commencent à se reconstituer mais c’est bien tard et moins significatif qu’autre part.
En France la désindustrialisation se poursuit à une vitesse qui s’accélère. Il est certain que nous n’avons même pas esquissé la moindre réforme significative qui permettrait de rendre une compétitivité à la France dans une économie mondialisée.

Les flux de capitaux :

Les flux de capitaux complètement erratiques et incontrôlés accentuent la volatilité. Il y a eu un retrait massif des capitaux des pays émergeants sans faire la moindre différence entre ceux qui ont une économie saine et équilibrée et ceux qui ont des balances commerciales et des budgets déséquilibrés. J’ai entendu la phrase suivante « les investisseurs courent comme des poulets sans tête ». Cela concerne les pays émergents mais aussi d’autres classes d’actifs.
La volatilité est donc un phénomène qui est parfaitement d’actualité mais certains intervenants nous ont fait remarqué qu’elle a toujours existé, et qu’elle n’est peut être pas plus forte qu’à certaines époques passées.
Quand on demande à des gérants de définir ce qu’ils entendent par volatilité, les réponses sont souvent assez ahurissantes : personne ne parle le même langage !
Ils calculent de façon très savante des taux de volatilité avec des formules qui peuvent varier. Mais si vous calculez la volatilité d’un fonds ou d’un produit juste avant une crise et que vous vous placez sur une courte période (1 an), le résultat n’aura rien à voir avec le même calcul fait juste après une crise.
Si vous vous placez sur une période longue, la volatilité n’a pas grand-chose à voir avec la volatilité calculée sur une période courte.
On peut vraiment se demander si les instruments de mesure de la valorisation dont on se gargarise ont l’utilité qu’on leur donne.
Par ailleurs, certains ont une certaine tendance à assimiler risque et volatilité. C’est une assimilation qui relève du folklore. Il a été demandé aux gérants de nous dire comment ils faisaient pour se prémunir contre la volatilité. Les réponses n’ont aucune homogénéité.
1°- Nous avons entendu dire que sur une longue période, les gérants d’actifs dits flexibles qui cherchaient à se dégager des actions quand une crise apparaissait, avaient des performances moyennes divisées par 3 par rapport aux gérants qui tiennent leurs positions sur une longue période.
Si on rate les 20 plus fortes hausses journalières, la performance serait divisée par 3 et personne n’a le bon timing pour rentrer dans le marché et sortir du marché. Cette affirmation semble se vérifier. Ces fonds flexibles ont souvent sur longues période des rentabilités très inférieures aux fonds actions pures.
2°- Nous avons entendu dire que certains fonds utilisaient des instruments de couvertures : options de vente et futurs. Carmignac nous a dit que ces instruments de couverture coûtaient en moyenne 5% pour une couverture longue.
Carmignac utilise depuis quelques années très largement les instruments de couverture pour beaucoup de fonds : c’est presque systématique.
De temps en temps, ils allègent des couvertures sur le court terme en utilisant des produits dérivés courts pour diminuer le poids du prix global de la couverture.
Inutile de dire qu’avec cette politique de couverture presque systématique, la performance s’en ressent.
Ce n’était pas la politique de Carmignac du temps où Edouard Carmignac a construit la puissance de cette maison. Il avait des convictions fortes qui amenaient des résultats.
3°- Certains gérants nous on dit qu’ils géraient la volatilité en investissant dans des actions distribuant beaucoup de dividendes. C’est effectivement un bon instrument de limitation de la volatilité. Encore faut-il que les dividendes ne soient pas artificiels (on distribue des bénéfices que l’on n’a pas ou plus).
4°- Les gérants de produits structurés se sont ventés de l’assurance d’avoir des coupons garantis et l’assurance de récupérer son capital si la baisse du marché action était limitée. Ils oublient de dire que la plupart des fonds n’ont distribué qu’un coupon car ils sont remboursés dès que la bourse monte. Bref, la compagnie a encaissé d’importants frais de commercialisation pour un produit dont la vie est très courte. Et si la bourse a monté, elle a encaissé la plus value.
Pour nous, c’est une vache à lait pour le monteur de l’opération. Ça l’est beaucoup moins pour l’investisseur. En tout cas, ce n’est en aucun cas un placement sur le long terme.
5°- Presque tous les gérants ont admis que le marché obligataire pouvait être très volatil.
La moindre hausse des taux à l’émission des obligations d’Etats de bonne qualité entraine une baisse importante des cours des obligations d’Etat déjà émises : 1 point de hausse des taux des obligations d’Etat Allemand peut représenter jusqu’à 9% de baisse de valorisation.
Ce que l’on croit être la sécurité n’est en réalité qu’un miroir aux alouettes.
6°- Des gérants comme H2O nous expliquent que l’on trouve sur le marché des obligations d’entreprises fortement sous valorisées parce que l’on anticipe un risque de défaut d’entreprise qui n’est pas le reflet de la réalité. C’est la sélection de ces valeurs qui assurent la performance et une volatilité somme toute maitrisée compte tenu des performances. H2O joue aussi sur les variations des devises.
Il y a chez H2O des fonds qui reflètent parfaitement cet état d’esprit et dont les performances sont de qualité (H2O multi bonds).
Il y a aussi chez H2O, pour des raisons purement commerciales, un fonds largement commercialisé qui cherche à limiter la volatilité en n’investissant qu’une partie des actifs sur les supports auxquels ils croient. Le reste est investi sur des produits sans perspectives de rendement et avec peu de variations de valeur. Evidement la volatilité est moindre mais les rendements sont aussi très largement plus faibles (il parait que c’est ce que recherche le client).
7°- Beaucoup de fonds dits flexibles ont pour ambition déclarée de capter les 2/3 de la hausse et de limiter la baisse à 1/3 de la baisse. Ce n’est qu’un argument marketing qui n’a souvent pas la moindre réalité et la moindre justification économique. Ce que l’on sait, c’est qu’en réalité sur le long terme ils sous-performent presque tous les fonds actions pures.
8°- La maison Fidelity parle de dividendes pour amortir les chocs de marché mais tient le langage suivant : la meilleure couverture est le choix des valeurs. « Quand on croit à quelque chose il faut savoir s’y tenir ». Pour Patrimoine Courtage, c’est un langage de bon sens.

Quelle politique conseillons nous ?

En matière d’OPCVM nous considèrons que vous devez être investi sur une longue période et ne pas jouer les girouettes.
Toutes les études montrent que quand on compare les performances des différentes classes d’actifs année par année, ce ne sont jamais les mêmes qui ont les meilleurs ou les plus mauvais résultats.
Nous vous conseillons de fixerune politique de répartition par classe d’actifs et de vous y tenir dans le temps.
A l’intérieur de chaque classe d’actifs, vous pouvez sélectionnez quelques fonds que vous connaissez bien (ou ceux que nous recommandons).
Notre partenaire, Patrimoine Courtage, utilise aussi beaucoup le mécanisme de l’avance sur contrat ou le nantissement de contrat pour diversifier le patrimoine de ses clients avec l’immobilier.
Ils utilisent également le levier du financement : les taux sont beaucoup plus bas que la rentabilité des produits qu’ils servent à financer. Le crédit permet une diversification du patrimoine et si les investissements sont bien choisis, ce montage apporte un effet de levier considérable à la rentabilité globale de votre épargne.

Conclusion :

La meilleure protection de votre patrimoine tient à sa diversification.
L’attitude la plus dangereuse pour votre patrimoine tient à l’obsession du refus du risque. Le risque zéro est synonyme de rentabilité zéro et en plus c’est une illusion.
Vous devez garder à l’esprit que le risque zéro n’existe pas.

Notre sélection de fonds