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La mesure du risque

Nos instances professionnelles nous invitent à préciser par écrit les risques auxquels on peut être exposé en faisant un investissement dans un contrat d’assurance vie, des comptes titres, des SCPI ou autres, ou en faisant un arbitrage.

Il faut d’abord avoir pleinement conscience que le risque 0 n’existe pas.

Voici quelques illustrations :

- Vous vous souvenez tous des produits de type SICAV de trésorerie qui étaient présentés de bonne foi comme des placements sécuritaires ayant une faible volatilité et une liquidité parfaite. Quelques fonds d’établissements de premier plan se sont trouvés piégés parce qu’ils contenaient des produits qui se sont révélés incotables. Dès que l’information a été connue, il y a eu des retraits massifs. Des établissements voulant assurer la liquidité à tout prix ont vu leurs fonds décotés de plus de la moitié. D’autres établissements ont choisi de rendre leurs fonds non rachetables provisoirement. Ils ont à terme enregistré des pertes beaucoup moins importantes : Sécurité ? Liquidité ?

- On ne cesse partout de vous venter la sécurité des fonds euros... Quelle illusion ! 
Aujourd’hui compte tenu de la fiscalité, le rendement n’est pas supérieur au taux moyen d’inflation des dernières années. Sur le long terme vous êtes déjà certain de ne pas gagner d’argent. Mais il y a plus grave : les fonds euros qui représentent 80 % de l’encours de l’assurance-vie sont composés principalement d’obligations d’Etat ou d’entreprises dont les taux de rendement sont actuellement très faibles. A nos yeux il y a un risque important de remonter des taux obligataires. Cela entrainera automatiquement une baisse importante de la valorisation des stocks d’obligations existants qui peuvent être très loin de leur échéance. Ces fonds euros sont censés donner un rendement positif et ne peut pas baisser (effet de cliquet). Comment fera-t-on ?

Les investisseurs trouveront des meilleurs rendements dans les nouveaux placements. Il risque donc d’y avoir des retraits massifs. Comme les fonds euros ne peuvent pas baisser il faudra interdire ou encadrer les rachats pour empêcher les pertes définitives. Illiquidité !

Les nouvelles règles de la réglementation européenne Solvency 2 concernant les fonds propres des compagnies d’assurance vont entrainer une réorientation de la composition des fonds euros et entrainer une nouvelle baisse de rendement qui est inéluctable et structurelle.

Voici la quotité de fonds propres que les compagnies d’assurance doivent avoir pour couvrir le risque des fonds euros en fonction de la nature des placements qui composent ces fonds.

AVANT       AUJOURD’HUI    
Marge de solvabilité pour 100€ investis 4€ de fonds propres quelque soit la nature du placement.    

La marge de solvabilité va varier en fonction du type d’actif acheté :

- Actions européennes : 35%

- Autres actions : 45%

- Immobilier : 25%

- Obligations privées : variables suivant la notation et la maturité (peut aller jusqu’à 60%)

- Obligations d’Etat des grands pays de l’ODCDE : 0%

 

Conclusion :

Les contraintes de Solvency 2 obligent les compagnies à investir de plus en plus en obligation d’Etat dans les fonds euros. On passe en moyenne de 25% d’actions à 5%. Les fonds euros seront composés de 30 à 50% d’obligations d’Etat qui ne rapportent rien et d’obligations privées très courtes. Il y aura de moins en moins d’immobilier. Tout cela va tirer vers le bas la rentabilité des fonds euros classiques qui était déjà dramatiquement basse (source Sunny Capital).

Il faut être conscient que l’on va aller progressivement vers la suppression de la garantie cliquet que l’on trouve encore sur les fonds euros faute de quoi, le rendement après fiscalité et inflation, déjà nul, deviendra fortement négatif.

Dans de nombreux produits structurés on vous parle de rendements établis en fonction d’indices ou de valeurs boursières avec une protection contre la baisse. La protection est rarement complète et on a vu des fonds structurés perdre plus de 60 % de leur valeur pendant la crise alors qu’ils avaient été vendus comme sécuritaires. Quant aux profits, si la bourse monte, vous n’en voyez que la portion congrue. Alors produits sécuritaires ?

Nous préconisons largement les contrats en unités de compte en diversifiant les gestionnaires (sélection drastique des gestionnaires en fonction de leur antériorité et de leur compétence), les orientations (nous varions les orientations des fonds en fonction de la personnalité des clients, j’essaye de privilégier les pays dont le développement est important ou certains secteurs).

Il est nécessaire de préciser que tous les fonds à base d’actions peuvent fluctuer de façon plus ou moins importante à la hausse comme à la baisse et quelques fois sans la moindre rationalité. L’effet panurge peut être ravageur. Nous considèrons qu’un placement sur un fonds boursier doit être un placement sur le long terme. Nous attachons une importance aux critères prix/bénéfice (PER) et nous considèrons que si la sélection initiale de fonds a été faite de façon raisonnée il ne faut pas passer son temps à faire des arbitrages.

  • Les fonds flexibles. Le gestionnaire a carte blanche pour être présent sur le marché actions dans les proportions qu’il détermine librement. Dans le schéma idéal le gestionnaire va anticiper les phases de baisse pour désinvestir et anticiper les phases de hausse pour réinvestir. On constate dans la pratique que le timing idéal est impossible à mettre en œuvre : les résultats des fonds flexibles sont très contrastés. Il n’est pas certain qu’ils apportent une plus grande sécurité, ce qui ne veut pas dire que l’on ne puisse pas en mettre une partie dans son portefeuille. 
  • Nous avons vu que les obligations d’Etat pouvaient avoir de grande fluctuation et que l’endettement de certains pays (Grèce, Italie, Espagne) peut avoir une incidence sur la valorisation des obligations. Les Etats-Unis sont endettés de façon dramatique et on peut s’attendre dans l’avenir à un renchérissement du coût de la dette pour ces états. Dans cette éventualité le stock d’obligations d’Etat existant sera aussi fortement dévalué. Alors sécurité ?
  • Les FIP et FCPI sont largement investis dans le capital d’entreprise. Les résultats au terme sont extrêmement variables (plus de 50 % pour le premier fonds Alto qui a été liquidé) mais certains fonds peuvent avoir enregistré des pertes substantielles non compensées par les économies fiscales de départ. Là encore la sélection des gestionnaires est importante. Il faut être parfaitement conscient de l’illiquidité de ces fonds jusqu’à leur remboursement.
  • Les SCPI : nous préconisons volontiers les SCPI de rendement (immeubles de bureau, commerce..) dont le loyer distribué avoisine ou dépasse les 5%. Le rendement global (loyer et plus value) des SCPI de rendement a été en moyenne de 9,68 % sur les cinq dernières années et de 11,86 % sur les dix dernières années. Même si on peut considérer ce placement comme sécuritaire nous ne sommes pas à l’abri de baisse de valeur des parts (SCPI de l’UFG par exemple pendant la dernière crise). Certaines SCPI sont parfaitement liquides. Les parts peuvent se revendre très rapidement. Par contre, d’autres SCPI, sont devenues très peu liquides même si leur rendement est encore bon (près d’un an pour revendre les parts de BTP immobilier il y a 2 ans).
    Même si dans l’ensemble nous considèrons les SCPI de rendement comme « sécuritaire », nous ne sommes pas à l’abri d’une crise de l’immobilier, nous ne sommes pas à l’abri d’une baisse de rendement, d’une baisse de la valeur des parts, d’illiquidité temporaire… ou d’escroquerie (SCPI sous jacente des contrats d’assurance vie Europavie il y a quelques années). Là encore, risque limité mais pas nul.
  • Nous préconisons également volontiers la SCPI Pierre 48 qui est une SCPI de plus value dont la valorisation a été multipliée par 5 en 18 ans. Mais là encore nous ne sommes pas à l’abri de problème d’illiquidité temporaire (nous l’avons vu en 2009) avec une baisse temporaire de la valeur de la part pour freiner les sorties. 

Rechercher des placements sans risque est parfaitement illusoire : le risque peut être limité et contrôlé.

La diversification est une source de sécurité globale pour votre patrimoine. S’il ne faut pas toujours rechercher la rentabilité apparente immédiate maximale, il faut tout de même intégrer l’aspect rentabilité de votre placement, faute de quoi, compte tenu des contraintes fiscales votre patrimoine s’érodera inéluctablement. Le risque principal est souvent dans l’immobilisme.

Le choix des placements et des montages dépend de votre capacité à vous impliquer dans la gestion de votre patrimoine. De toute façon, il faut un minimum d’implication de votre part dans les décisions d’investissement. C’est votre argent : votre Conseil a l’obligation de ne vous proposer que ce qu’il croit adapté à votre situation. Cela passe par un dialogue et une connaissance précise de votre situation. Votre Conseil a une obligation de moyen, il ne peut avoir une obligation de résultat. 

Le risque peut également venir du changement du cadre juridique ou fiscal pendant le cours de votre investissement. Un conseil sur l’organisation de patrimoine, parfaitement fondé et pertinent au moment où il a été donné, peut se trouver être malencontreux quelques années plus tard du fait de l’instabilité juridique ou fiscale. Nous essayons dans la mesure du possible de vous proposer des investissements et des montages qui ont en eux-mêmes une rentabilité, indépendamment du cadre fiscal ou législatif… mais on ne peut tout de même pas faire abstraction du cadre fiscal et législatif dans la décision d’investissement.

Notre sélection de fonds